Le Brexit c’est quoi ?

Le terme Brexit vient de « British Exit » et indique la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. La décision a été votée, par les Britanniques le 23 juin 2016 après avoir obtenu 51,9 % des voix au référendum organisé par le Premier ministre David Cameron. Ce dernier, qui était en faveur du « Stay », a tout de suite donné sa démission lorsque le « Leave » a remporté la victoire. Il a été remplacé par Theresa May, l’ancienne ministre de l’Intérieur.

Ce que le Brexit a entraîné au sein de l’UE

Après l’élection du Brexit, l’article 50 du traité sur l’Union Européenne a été déclenché le 29 mars dernier. Une fois entré en vigueur, ce texte donne un délai de deux ans au Royaume-Uni et aux 27 autres pays de l’UE pour préparer la sortie. D’ici là, le pays fait encore partie intégrante de l’union européenne. Les discussions sont toutefois en cours pour trouver des compromis avantageant ceux qui restent et celui qui part. C’est la Première Ministre Theresa May qui mène les discussions auprès de l’équipe de négociateurs de l’UE.

De nombreuses étapes prévues

Avant de sortir officiellement de l’union, le Royaume-Uni doit suivre les différentes étapes exigées par l’article 50 du traité sur l’UE. Il doit alors commencer par notifier son intention de se retirer au Conseil européen. Cette première étape enclenche de longues négociations pour fixer les modalités de retrait de l’Etat concerné. Lorsque des compromis sont trouvés, le Conseil les soumet au Parlement européen qui doit les valider et conclut à la majorité qualifiée.

Dans le cas du Royaume-Uni, la lettre déclenchant l’article 50 a été remise par Tim Barrow, le représentant du pays au sein de l’UE, à Donald Tusk, président du Conseil européen, le 29 mars 2017. Cette date a été le point de départ des négociations qui mèneront le Royaume-Uni vers la sortie de l’union. Officiellement, les négociations ont débuté le 19 juin à Bruxelles et devraient s’achever d’ici deux ans, soit le 29 mars 2019.

Suite à la remise de la lettre, les Vingt-Sept se sont déclarés ouverts à des négociations rapides en ce qui concerne le partenariat du Royaume-Uni avec l’UE. Cela ne pourra toutefois se faire si l’Etat sortant ne fait pas assez de progrès sur le montant qu’il devra verser au budget européen ainsi que sur les termes définissant le statut des citoyens européens installés au Royaume-Uni et le statut de la frontière avec l’Irlande. Ces trois points doivent donc être discutés en priorité.

Pour l’UE, les conséquences de ce retrait sont encore assez floues. Pour le Royaume-Uni, dont la situation a été fragilisée par la reconduction de Theresa May suite à la victoire du parti conservateur durant les élections anticipées lequel a choisi de s’allier au parti unioniste irlandais (DUP), la suite des négociations risquent d’être houleuses.

Brexit

Les principaux sujets de négociation

Durant les deux ans de négociation, de nombreux sujets seront étudiés dont les principaux sont :

  • la somme que le Royaume-Uni doit verser au budget européen : si l’UE se réfère aux engagements de Londres jusqu’à la fin du cycle budgétaire de 2020, le Royaume-Uni pourrait lui verser jusqu’à 60 milliards d’euros pour sa sortie
  • la libre circulation des personnes entre l’UE et le Royaume-Uni : puisque ce dernier veut limiter l’immigration sur son territoire, qu’en sera-t-il des Européens qui travaillent ou résident au Royaume-Uni ainsi que des Britanniques vivant en Europe, mais hors de leur territoire ?
  • le cas de l’Irlande : puisque c’est avec le Royaume-Uni que cette dernière partage sa seule frontière terrestre, la remise en place des postes douaniers au niveau de la frontière n’isolerait-elle pas l’Irlande ?
  • le statut du Gibraltar : théoriquement, ce territoire appartient au Royaume-Uni, mais est aujourd’hui revendiqué par l’Espagne. Cette dernière a donc décidé d’intervenir dans les débats afin qu’elle puisse donner son aval sur le statut du Gibraltar avant d’accepter le Brexit. Londres refuse pourtant que Madrid s’en mêle
  • les futures relations commerciales : environ la moitié des exportations britanniques est destinée à l’UE. Une fois le Brexit signé, qu’en sera-t-il de ces opérations commerciales et quelles seront les nouvelles règles régissant ce domaine ?

A part ces enjeux, on doit également citer le cas de l’Ecosse qui souhaite organiser un second vote afin d’obtenir son indépendance. Cela risque de mettre à mal ses relations avec l’Angleterre.

Sur le plan économique, on ne peut pas encore prévoir les conséquences du Brexit sur l’économie du Royaume-Uni. Ce qui l’on sait c’est que suite au référendum de juin 2016, la livre sterling a chuté, mais l’économie reste jusqu’ici stable vu que la sortie n’a pas encore été consommée.

Retrait du Royaume-Uni, les avis partagés

En ce qui concerne les conséquences du retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne, les avis sont partagés.

D’un côté, il y a ceux qui pensent qui n’y voient que du bon puisque son retrait permettrait de ressouder l’Union et de permettre aux autres pays membres de mieux avancer. Il faut savoir qu’en parallèle avec les négociations, les Vingt-Sept sont en train de réfléchir sur l’avenir de l’UE. Cette période de réflexion devrait prendre fin d’ici la fin de l’année 2017.

D’un autre côté, certains y voient une catastrophe étant donné que cet Etat figure tout de même parmi l’une de ses trois plus grandes puissances. Ils tiennent également compte du fait que c’est l’une des plus importantes places financières, qu’il figure parmi les quelques Etats européens à disposer d’une armée conséquente et qu’il est le principal partenaire diplomatique de l’Europe avec les Etats-Unis.

Les négociateurs

Puisque le Royaume-Uni est décidé à sortir de l’Union Européenne, les pourparlers sont engagés. Pour cela, la Commission européenne a mis en place, en septembre 2016, le « Groupe de travail article 50 ». Cette instance a pour mission de piloter les négociations avec le Royaume-Uni afin de définir ses futures relations avec les Vingt-Sept.

A la tête de ce groupe, on retrouve Michel Barnier. Didier Seeuws, quant à lui, est à la tête du task force « Brexit » du Conseil. Avec son équipe, il a pour mission de préparer les prochaines échéances et d’anticiper les futurs scénarios qui peuvent survenir.

Du côté du comité de négociateurs de Theresa May, il se compose de 12 ministres conservateurs dont le secrétaire d’Etat au Brexit, David Davis.

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